L’été caniculaire que nous venons de traverser a tué des milliers de personnes et remis en cause l’intégralité de l’infrastructure de notre société. Aujourd’hui, la sécheresse continue d’éprouver les forêts et d’achever la flore. Le peu d’animaux sauvages qu’il reste crève la bouche ouverte. Et tandis que nous voyons le monde littéralement mourir sous nos yeux, deux options s’offrent à nous : s’organiser pour mettre à bas le système qui ravage la planète et nos conditions d’existence, ou confier notre sort à un état totalitaire qui organiserait notre survie sous perfusion technologique. Ce samedi 26 septembre, l’écologie française semble avoir opté pour la deuxième option.
On danse pour l’autoritarisme technocratique ?
Disons-le d’entrée de jeu : l’appel du 26 septembre, malgré les bonnes intentions qui y transparaissent, ouvre la voie à un État tout puissant et totalitaire, qui annihilerait toutes les libertés au nom de la survie du plus grand nombre ainsi que de la gestion toujours plus urgente d’une pénurie de ressources toujours plus grave. Il exige des « plans d’urgence, d’adaptation et d’atténuation », c’est-à-dire des politiques d’aménagement du territoire interventionnistes qui mobiliseraient l’intégralité de la société et de son secteur productif. Il implore qu’on « suive enfin les scientifiques », et que le pouvoir central et administratif de l’État soit rendu aux mains d’une technocratie jugée à même de mettre toute la société au pas au nom de son expertise.
Avec « la fin de toutes les subventions aux énergies fossiles » et « l’interdiction pour toute entreprise française d’ouvrir de nouveaux projets fossiles » transparaît un soutien indéfectible aux énergies renouvelables. Ces dernières sont pourtant dénoncées depuis des décennies par un nombre croissant d’auteurs, d’organisations, d’activistes et d’individus concernés par l’implantation de projets industriels dans leurs territoires au nom d’une prétendue « transition énergétique ».
On ne découvre rien ici : depuis longtemps deux écologies s’opposent pour répondre au chaos industriel : l’une voudrait maintenir à flot une société à bout de souffle et intrinsèquement insoutenable – allant logiquement jusqu’à appeler un état d’urgence pour se faire –, l’autre soutient inlassablement qu’écologie et liberté doivent aller de pair, et que rien ne peut justifier l’avènement du totalitarisme, même paré des meilleures intentions écologiques[1].
Et c’est dans cette confusion que s’est tenu une sorte de festival/supermarché des luttes, chaque collectif disposant son stand et vendant ses goodies, les prises de paroles se succédant docilement selon les instructions de l’animateur attitré, le tout rythmé par les slogans sociaux-démocrates du collectif Planète Boum Boum. L’heure est à la fête. L’assemblée générale tant promise et attendue est ajournée. Le micro coupé, on remballe le matos et tout le monde rentre chez soi.
Contre la toute-puissance des technocrates, un appel à la terre et à la liberté
Puisqu’il faut visiblement le signaler, nous n’avons rien contre les individus qui se rendent à de tels événements. Nous ne savons par ailleurs pas comment se sont déroulées les assemblées dans d’autres villes moins carcérales et hors-sol que la capitale, et ne relatons que notre expérience parisienne.
Nous nous sommes nous-mêmes rendus à ce rassemblement pour tenir deux positions :
→ Tout d’abord, nous nous sommes rangés derrière une banderole unitaire critiquant le mot d’ordre du « climat », car c’est bien au nom du « climat » que s’est mis en place tout une propagande et une récupération industrialiste de l’écologie. La « transition énergétique » et les énergies renouvelables permettent de taire toute critique de la société industrielle et toute prétention à l’autonomie technique, pour garantir la survie du système technologique sur une planète inhabitable. Un mouvement se réclamant de l’écologie ne doit pas appeler les scientifiques et les politiques à unir leurs forces pour sauver le climat ; il doit comprendre que nature, liberté et autonomie politique sont indissociables, et se battre pour les défendre contre tout assaut industriel, qu’il soit « fossile » ou non.

→ Nous avons parallèlement diffusé un tract contre la gestion technocratique et autoritaire de la catastrophe, contre une planification autoritaire sous l’égide d’une caste scientifique hégémonique qui, après avoir ruiné la Terre, « organiserait le sauvetage du peu qui en reste[2] ». Nous devons refuser la récupération de l’écologie et de ses revendications par les technocrates et leurs laquais encadrants : seules la sortie du système technologique et la mise à l’arrêt de ses infrastructures mortifères pourront laisser une chance à la biosphère de se régénérer et ainsi, à des sociétés humaines autonomes et organisées autour de techniques douces, d’émerger :

Voir aussi une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux qui résume ces positions : https://www.instagram.com/reel/DdwyC29sTQc/




