Mi-mai déjà. La première canicule de l’année s’installe, toujours plus tôt. Désormais, chaque nouvelle vague de chaleur apporte son lot de records et de morts.
Dans la Drôme, un jeune couvreur de 19 ans décède. Il travaillait sur un toit, toute la journée, avant d’être pris d’un malaise. La température à l’ombre atteignait 31 degrés. Dans le bruit, la poussière et la fumée, les plus précaires et les exploités sont les premières victimes de cet épisode meurtrier.
Et ces évènements météorologiques violents sont amenés à se multiplier. En face, le gouvernement encourage les patrons à donner plus de bouteilles d’eau à leurs ouvriers. Chaque année, l’opposition politique déplore le manque de Canadair pour éteindre des feux de forêts toujours plus fréquents. En bons gardiens du système, ils traitent les conséquences et non les causes.
Productivité en baisse, chantiers à l’arrêt, cultures asséchées, réseaux sous tension. La canicule n’est pas qu’un phénomène météorologique : c’est un révélateur des failles du système technologique. L’industrie, conçue pour l’efficience et non la résilience, produit beaucoup et vite mais ne résiste pas aux chocs. Quels effets dominos une canicule prolongée entraînerait sur ce système dont nous dépendons tous ?
Avec les fortes chaleurs, l’enrobé sur les routes et les pistes d’aéroports fond. Les rails de trains se tordent. Il devient difficile de se déplacer, impossible d’approvisionner les supermarchés. Les forêts s’embrasent. Très vite, il faut gérer l’afflux de milliers de personnes chassées de leurs habitations par d’immenses incendies.
Les réacteurs nucléaires sont mis à l’arrêt. Le réseau électrique fragilisé et surchargé plonge des régions entières dans l’obscurité. L’approvisionnement en eau potable reposant sur des pompes électriques, des pénuries d’eau se déclenchent. Les fortes chaleurs causent des accidents industriels, qui entraînent à leur tour des rejets de substances toxiques dans la nature. Les urgences saturent rapidement et doivent faire face à des dilemmes éthiques.
Les sécheresses prolongées rendent les terres incultivables. Les besoins de base insatisfaits, des émeutes éclatent. Afin de protéger le pouvoir en place, les forces de police reçoivent l’ordre de réprimer la population.
Et si nous refusions de dépendre d’un système qui court à sa perte ?
Nous devons retrouver des formes d’organisation sociale et d’entraide, afin de nous autonomiser un maximum des produits et des services du système industriel. Seule sa mise à l’arrêt nous permettra de sortir de cette dépendance suicidaire et de retrouver enfin une terre habitable, ainsi que des modes de vie soutenables.
POUR UNE PLANÈTE VIVANTE, LA REVOLUTION ANTI-TECH !




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