Ces dernières années des centaines de milliard de dollars[1] ont été injectés dans l'économie pour créer des datacenters, des modèles d'IA générative, des puces, sans consultation de la population ni la certitude que l’IA participe à une amélioration de nos existences. Voire qu'elle ne dénature pas complètement nos vies.
En trois ans c'est plus d'investissements levés que pour la bulle Internet de la fin des années 1990 et du boum ferroviaire britannique en 1840, et cela va aussi beaucoup plus vite[2]. Mais le pari que les géants de la tech américains ont fait avec ces sommes — et ils sont les seuls à choisir d'y injecter de l'argent, c'est surtout celui de la plus grosse débâcle technologique de l'histoire de l'humanité. En effet, les modèles d'IA développés coûtent de plus en plus cher en grossissant. De nombreux analystes commencent déjà à émettre des doutes quant à la rentabilité à long terme et prophétisent, sans bien sûr s'affoler, un éclatement de la bulle IA et les conséquences économiques qui pourraient en découler[3].
Alors à quoi bon?
En plus de faire planer la menace d’une crise économique historique, l’IA développée par ces technocrates a déjà commencé à bouleverser nos vies. Une longue carrière ? Partie en fumée car un modèle IA optimise l'entreprise et fait économiser des salariés obsolètes. Un diplôme de 10 ans ? Pas valable car une IA fait déjà le travail et encore une fois beaucoup plus vite.
L'IA ne nous sert pas, à part à nous remplacer.
Les infrastructures elles-mêmes ne suivent pas le rythme. De nombreux datacenters n'ont pas assez d'énergie pour fonctionner alors les BigTech construisent de nouvelles centrales à gaz ou au diesel privatives à côté de leurs projets gigantesques[4]. Mais quels besoins réels sont remplis ici ? Quels besoins réels justifient la destruction du paysage autour des habitations et leur tranquillité, déjà si rare au sein du monde industriel ?
Dernière ombre au tableau : l'IA est de plus en plus développée dans le secteur de la logistique. Un bug dans le système, ou l'éclatement de la bulle financière, et les circuits d'acheminement seront coupés : à quel point accepterons-nous de déléguer notre résilience à l’IA ?
Nous n'avons pas besoin d'IA pour manger, pour boire, pour s'épanouir intellectuellement ou discuter avec nos proches. Alors pourquoi laisser cette menace existentielle planer sur nous: celle d'une crise économique historique ou du vol toujours plus sournois de nos cerveaux ?
Heureusement, beaucoup de personnes ne sont pas dupes. Aux Etats-Unis, c'est 20 projets de datacenters bloqués ou ralentis, équivalent 98 milliards de dollars[5]. En France, c'est près de 25 luttes qui se construisent depuis quelques années et la campagne d’Anti-Tech Revolution contre l’IA qui suscite de plus en plus d’intérêt. D'autres manifestent de plus en plus leur méfiance et leur colère vis a vis de cette technologie. Et ce n'est pas nouveau : de tout temps des personnes se sont mobilisées contre les technologies qui allaient leur voler leur autonomie.
Mais les États et les industriels ne sont pas prêts d’arrêter cette course effrénée, on l’a vu l’IA est aujourd’hui partout dans le monde industriel. Si nous voulons stopper définitivement cette menace, c’est une révolution anti-technologique qu’il nous faut préparer.




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