La crise géopolitique actuelle a exposé la vulnérabilité d’un système énergétique mondialement interdépendant. La guerre a déclenché un choc énergétique mondial, avec une flambée des prix du gaz et du pétrole. Face à cet emballement, la Commission européenne a dévoilé fin 2025 une initiative majeure visant à moderniser et interconnecter les réseaux électriques du continent. L’Union européenne reconnait aussi l’abandon du nucléaire comme une « erreur stratégique » et prévoit d’accélérer l’électrification en misant sur le nucléaire et les énergies renouvelables.
Ce qui peut paraitre plus surprenant, c’est la collaboration active de certains écolos à la promotion de cette énième arnaque.
De nombreux médias prétendument « écologistes » ont en effet profité de l'occasion pour faire la promo du tout-éléctrique.

Certains experts autoproclamés vont jusqu’à chanter les louanges du modèle chinois, ses voitures électriques et ses batteries. Sortie gagnante de la crise grâce à son État fort, la Chine est capable d'impulser une véritable direction à ses entreprises, de ne pas céder aux sirènes des actionnaires privés ou encore de canaliser les compagnies pétrolières[1].
C'est ainsi l'occasion de réaffirmer la critique de l'électrification, du nucléaire et de l'enfer qui nous attend. À l’heure où la technocratie récupère l’écologie pour l’intégrer à la société industrielle, il est indispensable de se rappeler ce qu’est concrètement le nucléaire ainsi que des origines du mouvement écologiste en Europe, un mouvement à l’origine profondément anti-nucléaire. Et ce, afin de ne pas céder aux sirènes des nucléocrates et autres suppôts de l’industrie électrique.
Pourquoi l’atome n’a jamais été « vert » ?
Dans les années 1970, le mouvement anti-nucléaire ne négociait pas avec l’État en « bilan carbone » ou en quotas d'émissions. À Plogoff ou à Creys-Malville, une centaine de milliers de paysans et d'habitants faisaient face aux blindés pour empêcher la construction des réacteurs. Aujourd'hui, notre mémoire s'efface et le nucléaire est accepté comme un « moindre mal ». L’industrie a-t-elle vraiment changé ? Est-elle soudainement devenue verte et réappropriable ? Quelles nuisances sont mises sous le tapis ?
Même si nous rejetons la raison même d’être de cette industrie, parlons d’abord son langage : celui des arguments techniques et économiques, souvent les seuls que ses défenseurs comprennent.
Aujourd'hui, on nous vend l'atome comme le sauveur du climat. En réalité, alors que la crise est déjà là, il faut 15 à 20 ans pour construire une centrale... sans retard. L’EPR (Réacteur Pressurisé Européen) est un fiasco industriel, alors qu’il devait grandement accélérer les travaux (12 ans de retard à Flamanville).
C’est un projet sur papier, un projet qui aspire des milliards (Flamanville : 23,7 milliards d’euros) pour des promesses lointaines. « En Chine, ils vont vite ! » Oui, au prix d’une main-d’œuvre sacrifiée et d’un autoritarisme total.
Une centrale, c'est un monstre qui a besoin de cours d'eau frais. Sauf qu'avec le réchauffement climatique, les fleuves s'assèchent et leur température augmente. En été, il faut couper les réacteurs ou détruire la biodiversité aquatique en rejetant de l'eau brûlante dans les cours d'eau. Cette prétendue solution au réchauffement climatique est donc vulnérable aux aléas du climat.
Le nucléaire ne pollue « presque pas » ? Une centrale, c’est un complexe de métaux rares, de cuves d'acier et de circuits qui s’usent. C’est coûteux à entretenir, chaque pièce étant soumise à des radiations extrêmes. Le vrai bilan, c’est des déchets mortels pour 100 000 ans et de l’eau irradiée rejetée dans la nature.
Les technocrates compromettent les conditions mêmes d’existence des générations futures pour maintenir un confort électrique que nous ne pourrons bientôt plus nous offrir. Un confort profondément inégal, puisque d'autres en paient déjà le prix. La « souveraineté énergétique » de la France repose sur l'exploitation des sols du Niger ou du Kazakhstan. L’extractivisme et ses conséquences sont délocalisés : conflits, dévastation de la nature, asservissement des populations, pollution radioactive et maladies.
Un confort que nous, anti-industriels, refusons. Car il est clair que cette énergie, comme toutes les autres, servira surtout à alimenter un système destructeur.
On économise en maintenant à flot nos vieux réacteurs au-delà de 40 ans (l’espérance de vie moyenne d’une centrale). Le problème, c’est qu’il est impossible de les mettre aux normes, et ces dernières sont du coup revues à la baisse. Le « récupérateur de corium » (le bac de sécurité en cas de fusion) ne peut pas être ajouté sous les centrales actuelles. On fait du bricolage sur des infrastructures dépassées. On hypothèque sur notre sécurité.
Nous vivons constamment dans la crainte du « risque » nucléaire, avec des dizaines de bombes à retardement maintenues en vie par peur de la panne.
Parce qu'il est dangereux et hautement complexe, le nucléaire exige le secret-défense, des zones interdites et une surveillance permanente. Notre vie dépend d'une caste d'experts et d'un État tout-puissant.
On le voit donc, le nucléaire est une fausse solution, la transition énergétique, un mythe. L'écologie, au sens de la préservation d'une biosphère habitable, est totalement dévoyée. Tout cela n'est qu'une manière pour le pouvoir industriel de rester en place.
Vouloir réparer la méga-machine est une folie. Il faut la démanteler.
Ne pas céder aux sirènes des nucléocrates
Malgré toutes les raisons de rejeter en bloc le nucléaire — industrie lourde, polluante, dépendante de ressources finies, productrice de déchets dangereux et ingérables et ancrée dans un pouvoir industriel centralisée — la critique de l’atome a presque disparu.
À chaque fois qu'on remet en cause cette énergie dévastatrice, on nous menace : « C'est le nucléaire ou le retour à l'âge de pierre ». C’est là le piège de la dépendance. Le Cloud, la 5G ou la voiture électrique ne sont pas des besoins vitaux. Le tout-éléctrique non-plus, d'ailleurs. Ce sont des « prothèses » qui nous enchaînent au système industriel et à ses experts.
Il en va de même pour les éoliennes ou le solaire : eux aussi naissent de la même boue extractiviste et du pillage des métaux. Peu importe le carburant, si l'objectif est de maintenir à tout prix à flot la société industrielle, nous fonçons droit dans le mur. Changer d'énergie ne changera pas la destination finale.
De toutes parts, on nous dit que c'est l'énergie la plus « propre ». On nous vante sa stabilité ou sa puissance. Tous ces prétendus « avantages » ne servent qu'à une chose : maintenir sous perfusion une société de consommation à bout de course. Accepter le nucléaire pour son faible CO2, c'est soigner notre plaie avec du poison.
Plus que jamais, nous devons porter un regard froid sur les fausses solutions qu'on nous impose, au risque de voir nos mouvements complètement récupérés et inoffensifs. Au fur et à mesure que des crises comme celles que nous traversons se répéteront et s'intensifieront, les positions seront pourtant toujours plus claires : d'un côté, la société nucléaire et policière, de l'autre les luttes pour une terre et une vie libres.
Une fois que l'on a compris que l'industrie et la technologie n'ont rien d'autre à nous offrir que des dépendances toxiques, des déchets nocifs et des pollutions radioactives, on renonce au mythe du progrès, et on commence à s'organiser.
CONTRE LE NUCLÉAIRE ET SES PROMESSES TOXIQUES ; CONTRE LE NUCLÉAIRE ET SES DÉCHETS NOCIFS ; CONTRE LE NUCLÉAIRE ET SES NUISANCES RADIOACTIVES ; LA REVOLUTION ANTI-TECH !




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