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L’IA créé des emplois, vraiment ?

Par
J
19
December
2025
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« Dans des tâches qui sont très répétitives, hé bien vous allez déléguer à des aides, à des accessoires, à des assistants ! »                                                                                                                    

Emmanuel Macron s’exprime sur les grands enjeux de l'IA depuis le Grand Palais, à Paris, à l'occasion du sommet international pour l'action sur l'Intelligence Artificielle, en février 2025[1].

On nous parle toujours d’un futur où les machines feront les tâches ingrates à notre place. Alors qu’à l’instant même, l’IA repose sur des humains exploités dans l’ombre, cachés derrière une technologie qui n’a rien d’autonome.

Open AI engage des employés au Kenya qui entraînent l’IA à reconnaître des discours de haine et des images violentes[2]. C’est ce qu’on appelle les « tâcherons du clic ». Ils sont payés une misère et ils passent littéralement leurs journées à regarder des viols et des meurtres.

A force de visionner ce contenu abominable, beaucoup souffrent de stress post-traumatique[3]. Cauchemars, dépression, insomnies, allant jusqu’au suicide. Dans les pays du Nord, on observe le même phénomène. Uber Eats propose désormais à ses chauffeurs, notamment des étudiants, de gagner plus d’argent en effectuant des tâches d’annotations de textes et d’images[4]. Autrement dit, les chauffeurs déjà rémunérés à la course et soumis à l’irrégularité du travail se voient encouragés à remplir leur temps mort par des micro-tâches d’IA mal payées.

La précarité croissante est une véritable aubaine pour les entreprises. Ils en profitent en faisant travailler les gens dans des conditions déplorables, avec des horaires interminables, pour des tâches complètement vides de sens.

Mais qu’on soit bien d’accord : le développement de l’IA ne créé pas d’emplois. Il décompose, il fragmente, il morcelle le travail en micro-tâches et le répartit à des millions d’humains devenus interchangeables et payés 2 euros de l’heure.

Face à cela, certains soit-disant défenseurs de la liberté proposent d’augmenter les salaires ou d’offrir un soutien psychologique[5]. C’est absurde. Vous ne diriez jamais à un soldat : « Vas faire la guerre, t’inquiètes, à ton retour t’auras des séances gratuites chez le psy ! » Plus sérieusement, la question la plus importante que nous devons nous poser est la suivante :sommes-nous prêts à assumer l’existence d’une technologie qui repose sur l’exploitation, la misère et la souffrance de millions de personnes ?

Pour stopper l’esclavage moderne, nous devons dès maintenant nous organiser pou stopper l’intelligence artificielle.

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