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Technocène

Pokémon GO : transformer le monde en données exploitables... et livrer des pizzas avec

Par
A
•
01
April
2026
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Qui aurait pu prédire ?

Le jeu vidéo Pokemon Go a permis à une société américaine de créer une carte du monde en réalité augmentée. Des robots livreurs de pizza l’utilisent déjà à Los Angeles, Chicago, Miami et même Helsinki en Europe.

Rien ne va dans tout ça : des centaines de millions de joueurs, dont des enfants, ont été exploités par une société américaine qui a simplement trouvé une manière ludique de faire travailler ses esclaves. Quand vous voyiez des gens scotchés à leur smartphone en promenant leur chien, ils étaient en fait en train de bosser pour Niantic. Pas de panique, ce n’est pas du travail gratuit, c’est du « crowdsourcing ».

L’entreprise, qui voulait de base faire des jeux vidéos en « réalité augmentée » pour que les gens « se rencontrent dans la vraie vie », se donne aujourd’hui pour mission de « faire fusionner les mondes physique et numérique ». Ainsi, « les machines, des lunettes intelligentes aux robots humanoïdes, pourront appréhender le monde physique et interagir avec le réel pour améliorer notre vie et notre travail ». Comme toujours, les projets transhumanistes les plus déments se parent des plus beaux discours.

L’idée, ici, est assez simple : on veut transformer le monde entier en données exploitables, en 0 et en 1 pour que des robots puissent, en fonction du contexte géopolitique, livrer des pizzas ou assassiner des gens. On se rapproche chaque jour un peu plus de la dystopie. Imaginez : des gens portant des casques de réalité virtuelle, déambulant dans des villes tentaculaires, collectant des données et entraînant des IA pour une multinationale de la tech en « chassant » des animaux imaginaires, avant de se faire livrer de la malbouffe par des robots. Tout ça au milieu d’une biosphère ravagée, où les animaux sauvages ne sont plus qu’un souvenir.

Refusons l’état d’esclavage humiliant dans lequel nous avons été plongés. Nous sommes bien plus que des consommateurs de jeux vidéos abrutissants et de pizzas empoisonnées. Refusons le monde virtuel qu’ils nous vendent, parce que ce monde artificiel remplace littéralement et concrètement, de par les infrastructures et les ressources dont il a besoin pour exister, le vrai monde, celui où vivent les vrais animaux. La réalité « augmentée » qu’ils nous vendent n’est rien d’autre qu’une réalité diminuée, dénuée de vie, faites de câbles, de minerais rares, de lignes de codes et de centres de données énergivores.

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