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Technocène

Reporterre, media des luttes escrologistes

Par
A
•
07
April
2026
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Planification à grande échelle et électrification

Alors que les prix du carburant flambent, Reporterre publie un article pour nous vanter les mérites de la voiture électrique[1].

L'électrification y est présentée comme une solution : le média de l'écologie agite le mirage de la transition énergétique « réussie » pour conclure sur l'hypothèse de politiques publiques contre la voiture individuelle.

Les médias réformistes semblent donc prêts à tout pour éviter de remettre en cause le mode de vie technologique et la société industrielle.

Electrification ou révolution ?

Nous vivons une intensification de la crise du capitalisme industriel, une guerre pour le pétrole et les ressources qui se traduit par une déstabilisation en profondeur de l'économie.

Face à notre dépendance aux énergies fossiles, l'Europe et les pays occidentaux font le pari de l'électrification. Reporterre, qui ont pourtant largement documenté les nuisances de cette transition énergétique, semble aujourd'hui emboîter le pas aux multinationales des voitures électriques, à l'industrie nucléaire et à l'Etat.

Dans un article qui ressemble vraiment à une publicité pour la « petite Zoé » de Renault, si confortable et économe, le media de l'écologie déplore le terrible manque d'aides sociales et financières de l'état pour aider les ménages précaires à électrifier leur mobilité et donc faire des économies.

On tombe des nues. Les voitures électriques sont pourtant une catastrophe écologique avérée. L'électrification nécessite la construction d'infrastructures industrielles massives et ultra-polluantes.

On le sait, cette transition énergétique, présentée par les États comme une solution à la crise écologique, n'est qu'une manière de conserver puissance.

De nouvelles centrales électriques, de nouvelles mines de métaux rares, de nouvelles lignes à très haute tension, de nouvelles centrales électriques, de nouvelles routes ne changeront rien à la destruction de la nature. Elles l'aggraveront.

Ce n'est que dans quelques dernières phrases laconiques que Reporterre rappellent le coût écologique absolument désastreux des voitures électriques. Mais en réalité, ils critiquent avant tout la voiture individuelle. Et comment sortir de la voiture individuelle ? Par des politiques publiques.

Ils déplorent ainsi que l'Etat ne prenne pas en main la question de la mobilité et donc de l'aménagement des villes et des territoires. On doit donc comprendre que la sortie de la voiture thermique individuelle passerait pardes aides financières pour changer de véhicule, des nouvelles lignes de bus pour désenclaver des territoires, de pistes cyclables, des aires de covoiturage, des villes « vertes », etc.

Reporterre se transforment donc en technocrates aménageurs du territoire ! Ils font l'apologie d'un État interventionniste qui doit bien gérer ses zones administrées, désenclaver correctement les villages isolés, en reprenant le même langage technocratique que les promoteurs de l'électrification générale.

Tout récemment, la Belgique a mis en place des bus électriques autonomes pour désenclaver les territoires ruraux. Reporterre va donc applaudir des deux mains ce dispositif technologique ?

L'aménagement du territoire est un système de domination. C'est l'administration de la vie quotidienne et de l'espace au service d'un pouvoir centralisé.

« La campagne s’urbanise et l’Europe devient une seule banlieue. Il n’y aura plus de nature ; comme il était autrefois englobé dans le cosmos, l’homme le sera dans l’espace organisé par l’Aménagement du Territoire. »
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Bernard Charbonneau Les jardins de Babylone

L'électrification et la transition ne sont qu'une nouvelle dépendance par rapport aux énergies fossiles. Voulons nous réellement dépendre de mines de lithium à l'autre bout du monde, de centrales électriques, de bornes et de lignes à très haute tension striant nos terres ?

À l'heure du plan d'électrification à plusieurs milliards de RTE, des multiples projets d'interconnexion sous-marine du réseau électrique, des réouverture de centrales nucléaires, de la course aux métaux rares, de telles positions sont profondément dangereuses.

Nous ne voulons pas d'un grand plan de désenclavement et d'électrification des « mobilités ». Rappelons-le : il y a pas de sortie de crise par une hypothétique transition énergétique et un état planificateur et « écologique ».

Il n'y a que la réappropriation de nos moyens techniques d'existence. Et cela passe par la mise à l’arrêt du système industriel qui réduit chaque jour notre autonomie et détruit un peu plus la nature.

Terre et liberté. Anti-tech Revolution

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