Périphérique saturé de voitures, métro bondé, immeubles à perte de vue... Un océan de béton, pétri d'agressions sonores, gris, puant, polluant. Partout la ville se répand. Partout le béton gagne du terrain.
Depuis 2007, c’est plus de la moitié de l’humanité qui vit en ville selon l’ONU. Une première historique. Car depuis le 19e siècle, la société industrielle a fait exploser la taille des aires urbaines.
D’abord, l’agriculture industrielle a vidé les campagnes. Arrachées à leur terre, des millions de personnes partirent en ville se vendre dans les usines. Un ethnocide de la paysannerie. Champs, haies, et arbres sont remplacés par des lotissements, des zones commerciales et industrielles. Un écocide pour d'innombrables espèces vivantes.
Mondialement, la ville s’étale, se dilate, se disperse en d’immenses régions urbaines. Chemins de fer et voitures abolissent les distances. Plus rien ne freine l’avancée du béton.
La ville demande une quantité énorme de ressources : matériaux de construction, énergie, eau, nourriture. Il faut les monocultures arrosées de pesticides pour nourrir Paris. Il faut des centrales nucléaires, des usines, des routes, du pétrole pour transformer et acheminer les aliments. Selon l’ONU, les villes consomment 78% de l’énergie mondiale et émettent 60% des gaz à effet de serre. Alors qu’elles ne représentent que 2% de la surface terrestre. Sans pétrole, pas de métropole.
La ville concentre aussi les emplois de bureaux. On s’use les yeux sur des écrans toute la journée dans les open-spaces. Des vies en techno-cocon. Des élevages hors sols d’êtres humains. Or, rien de plus facile pour un virus que de se répandre dans un élevage industriel. Les villes sont des nids à pandémie. C'est le prix du progrès économique.
Selon le professeur Guillaume Faburel, les métropoles étaient les plus touchées par le Covid-19. Et ont facilité la diffusion mondiale de la pandémie.
La ville est écocidaire par nature. Les alternatives n’y changeront rien. En 2020, l’association Terre de Liens avait sauvé 223 fermes depuis sa création. Mais chaque semaine, c'est 200 fermes qui disparaissent en France[1].
Alors oui, nous sommes nombreux à vouloir la quitter. La ville nous rend malades, nous épuise, nous déprime… La ville est une abomination de la société industrielles. Pourtant, c’est ici que vivent sans doute ceux qui en éprouvent le plus profond dégoût. C’est ici qu’il nous faut nous rassembler, non pas pour fuir la ville et fermer les yeux sur le désastre, mais pour transformer cette colère en force collective et, enfin, y mettre un terme.
Contre la métropolisation du monde ; la révolution anti-tech !

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