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Stratégie révolutionnaire

Esprit de corps révolutionnaire contre dérive sectaire

Par
I
02
August
2026
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Rumeurs et calomnies sont le lot des mouvements de résistance sérieusement dangereux pour le système en place. Si les observateurs se concentrent souvent sur la répression violente évidente de la garde de l’État contre les militants actifs (en manifestations, chez eux en perquisitions...), ils peuvent passer à côté d’un arsenal riche de tactiques subtiles pour décrédibiliser depuis l’extérieur en même temps que diviser depuis l’intérieur les groupes.

Les institutions rivalisent d’ingéniosité pour salir les révolutionnaires en devenir : d’abord les médias s’offusquent de tout comportement déviant et de toute perspective dissidente même non-violente, puis les politiques crient au désordre public et enfin les appareils législatifs blindent les codes de nouvelles infractions contre chaque type d’action directe.

Les contestataires ont toujours été diffamés par le pouvoir politique (en les targuant d’anarchistes, de marginaux ou de terroristes). Les résistants à l’industrialisation, des peuples autochtones aux petits paysans en passant par les luddites, ont eux été moqués de rétrogrades, primitifs ou arriérés. Ces mêmes résistants en 2026 sont désormais extrémistes et dangereux (et traités comme tel), car quel esprit sain à l’heure de l’IA comme solution supposément objective à toute crise pourrait souhaiter qu’on coupe l’alimentation des usines pour retourner aux ciseaux à bois et aux assemblées de communes ?

«“Il faut accélérer”» [dans la lutte contre le dérèglement climatique], lance-t-il. Et faire confiance à l’innovation, à la recherche, au progrès et à l’intelligence humaine, poursuit Alain Juppé, qui combat la thèse de la décroissance, “pas du tout mobilisatrice, un peu punitive et désespérante, presque obscène”. »

Alain Juppé au Sud-Ouest le 22 mai 2022

Plus largement que ces seuls acteurs institutionnels, c’est toute une culture qui conditionne chaque citoyen à se faire la police de ses voisins un peu trop revendicatifs, ou pas assez intégrés. La régression est telle que dans les pays les plus technologiquement avancés (les plus confortables) comme en Chine mais même en France, le simple fait de se réunir sous la bannière d’une cause et de s’engager un minimum, comme donner plusieurs heures par semaine, mettre au second plan son travail ou un temps son couple, devient suspect et laisserait suggérer que la personne est peut-être sous emprise mentale.
C’est dans ce contexte que l’on a vu se pointer un nouveau qualificatif sur les organisations révolutionnaires : celui de secte.

Le mot « secte » revêt deux sens en France : historiquement, il s’agit classiquement d’un groupe de personnes suivant et adhérant à une même doctrine (religieuse, politique, autres). Un sens péjoratif est apparu, sous l’influence d’abord de l’Église contre ses ennemis puis des Lumières : celui d’un groupe fermé sur lui-même (principalement d’ordre religieux mais pas que), sous la forte influence de gourous.

En France, la loi ne définit pas ce qu’est une secte dans le but de ne pas porter une atteinte abusive aux libertés de conscience et d’opinion, mais la parade a été trouvée avec la dénomination de « dérive sectaire »[1] pour traquer tout « groupement se présentant ou non comme une religion, dont les pratiques constatées sont susceptibles de tomber sous le coup de la législation protectrice des droits des personnes ou du fonctionnement de l'État de droit ».

Cette expression majoritairement utilisée dans l’histoire contre les minorités religieuses tend abusivement à s’étendre, y compris aux associations politiques, qui partageraient quelques caractéristiques d’organisation trop radicale, par exemple selon la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) qui pratiqueraient la déstabilisation mentale, la rupture avec l’environnement d’origine mais encore le discours contre les institutions et les troubles à l’ordre public[2].

Le mouvement Anti-Tech Resistance, prônant le démantèlement du système techno-industriel et l’autonomisation, s’est vu approché en 2025 par le journal Ouest-France[3] et Actu Rennes, ainsi que signalé à la MIVILUDES qui y a décelé un « faisceau d’indices préoccupants ». Les critiques s’attardent sur les références à Théodore Kaczynski (en se focalisant sur sa vague d’attentats) et à ses théories, sur le fait d’exiger une cotisation pour que l’organisation vive, sur l’existence d’une hiérarchie et d’une sélection des membres, sur l’existence de règles internes contraignantes, sur la formation de camps, aussi sur un supposé isolement et une sujétion psychologique, tant à cause des incitations à des changements dans la vie des militants (se rendre fortement disponible, déménager, questionner son travail ou ses études, etc) qu’à cause de la critique sévère d’autre idéologies et groupes (de la droite à la gauche, des colibris aux marxistes, des technocrates, du mouvement climat, etc).

Nous verrons que ces accusations en dérive sectaire ne tiennent pas, qu’elles sont utilisées, consciemment ou non, comme un moyen de répression des mouvements de résistance disciplinés. Attachons-nous à réhabiliter l’héritage d’une contre-culture révolutionnaire au collectif fort dont nous avons urgemment besoin pour enrayer l’expansion du système technologique et de sa culture technoprogressiste.

Partie I – La mutualisation de l’habitat et des ressources

1. L’impasse du libéralisme


L’un des reproches les plus communs à l’adresse des groupes révolutionnaires est leur capacité d’attraction et de rétention. Le doute peut être porté depuis la famille d’un militant par exemple, qui s’étonne de le voir moins souvent en leur compagnie, de prendre part au groupe plus que socialement attendu (c’est à dire plus qu’entre collègues de travail en dehors du bureau, ou partenaires de l’équipe de volley-ball). Au-delà des heures « excessives » accordées, c’est la prise de responsabilités dans ce groupe qui désoriente : la personne assume des rôles qu’elle ne devrait prendre qu’en tant qu’époux ou parente, cela ou bien dans un cadre professionnel qu’en tant que leader ou manager (ou carriériste politique). Tout autre investissement profond ailleurs que dans ces sphères éveille plus les soupçons.

La critique franche apparaît quand des militants proposent de se réunir pour vivre ensemble plus que des réunions, sur l’espace d’une semaine (en camp) jusqu’à pourquoi pas loger sous le même toit des mois durant. Critique qui vient d’ailleurs d’activistes de tout bord : mettre en commun son temps, son argent, son couchage, sa parole, mettre en jeu durablement son intégrité physique pour le collectif qui porte la cause serait considéré comme une contrainte telle qu’y adhérer ne pourrait être l’ambition que de quelques illuminés, et dès qu’il y aurait un mouvement (des encouragements à cette mise en commun et de plus en plus d’adhérents), ceux qui suivent seraient forcément trop endoctrinés.

Il faut voir qu’en miroir à cette contrainte présumée intenable s’est instituée une résistance politique à la carte. Dans cette optique, ce sont les besoins de l’individu qui priment avant les nécessités du collectif : le besoin de se sentir utile, de se sentir entouré, de vivre des émotions fortes, de se mettre au défi, d’endosser un rôle de chef. Autant de buts que le théoricien Théodore Kaczynski qualifierait d’activités de substitution. Non pas que ces motivations ne puissent pas entraîner des camarades de valeur bien sûr, mais c’est leur fréquence et leur poids dans les débats qui les imposent face aux impératifs d’une certaine unité de groupe, ce qui tend toujours plus à décaler (vers le moins) ce qui est acceptable en terme de contraintes et de dépendances pour être plus efficaces. Il nous semble que bien moins de personnes acceptent aujourd’hui le rôle d’auxiliaire, c’est à dire se mettre volontairement en grand renfort voire au service des militants les plus actifs et ceci sans rechigner, ce qui était pourtant la norme des mouvements de résistance dont nous héritons, comme la Makhnovtchina ou la résistance française (au cœur de conditions quotidiennes drastiquement plus violentes qu’aujourd’hui). La norme s’est déplacée bien plus vers la consommation, où le temps à se former assidûment à la théorie révolutionnaire et aux actions de terrain équivaut maximum au temps où l’on prend soin de soi, donc jamais plus qu’aux temps de loisir ou qu’aux temps en famille. La conséquence est une sanctuarisation de l’individu libre de ses choix et une progressive proscription des conditions pour qu’un noyau soudé puisse émerger et la mise au ban des rares qui poussent en ce sens.

Des dizaines et dizaines d’années de culturation libérale généralisée nous ont mené à cette impasse. Les conditions d’existence des humains ont évolué vers une dépossession de leur autonomie collective (en communautés et proches de la nature), remplacée par une vie dans l’infrastructure du système technologique (notamment ses villes). L’humain moderne a été, comme l’exprimerait le philosophe Aurélien Berlan[4], délivré des nécessités de la survie (comme cultiver ou cueillir pour manger) comme des charges politiques liées à la vie sociale (il n’a plus besoin de construire avec un groupe, il ne lui reste qu’à voter, consommer et déléguer son pouvoir de décision), en même temps qu’il a été privé de presque toute perspective autre que gagner son dû à court-terme pour survivre dans la société industrielle où la concurrence est partout de mise (avec les machines et entre groupes sociaux). Il apparaît plus difficile que nos ancêtres de nous sortir de cette dépendance extrême au système technologique et à ses institutions qui nous confinent à l’auto-préservation (le métro, boulot, dodo agrémenté de l’addiction aux réseaux sociaux). Il est alors logique que la résistance radicale au capitalisme industriel demandant beaucoup d’investissement et de désintéressement – bien plus que d’autres initiatives parce que réprimée partout (car incompatible avec les valeurs de ce système contrairement aux autres) - dans une culture poussant à l’individualisme, cet engagement soit marginalisé et dénigré.

Et pourtant, pas si loin de nous, des mouvements se revendiquant révolutionnaires ont bien réussi à créer un esprit de corps très développé qui n’apparaissait pas comme sectaire mais bien combatif et efficace.


2. L’exemple du Black Panther Party


Intéressons-nous au Black Panther Party (BPP), qui partage plus de critères de comparaison avec nos mouvements d’aujourd’hui que d’autres plus anciens ou plus ruraux. Ce mouvement urbain de libération de la communauté noire aux États-Unis dans les années 60/70 possédait une culture propre distinguée, soutenue par une vie en collectivité favorable.

Les Panthers (militants du BPP) étaient issus de la communauté noire des grandes villes de Californie, communauté fortement discriminée et précaire ou pauvre. Pour autant ils ne considéraient pas leurs vies dans les quartiers délaissés comme un désavantage mais comme une opportunité. Les Panthers ont réussi à développer une culture axée sur la force du collectif, entre partisans mais aussi avec les habitants. Ils ne vivaient jamais bien loin de leurs camarades et il n’était pas rare qu’ils vivent en colocation, plus encore quand la répression policière s’est accentuée. Cette proximité maximale leur permettait de se défendre efficacement (maraudes en armes pour protéger la population, prévention des descentes de police ou de suprémacistes blancs) mais aussi de partager une logistique conséquente à portée de main, notamment ce qui concourrait à l’écriture et à l’impression de leur journal officiel. Plus que ça, leurs espaces communs leur ont permis une politisation très rapide de leurs sympathisants. Ils alternaient tous les jours entre discussions sur la vie et le quotidien pratique, théories marxiste et maoïste, philosophie politique et tactiques de mobilisation sur le terrain. Il n’était en conséquence pas si rare que des femmes et hommes de 20 ans deviennent chefs de sections locales ou pas loin (comme le furent Fred Hampton et Mark Clark). Bien que leur quotidien ait été dur (des membres mélangeant leurs vies de famille avec leurs vies excitées de militants, d’autres quittant leur famille pour vivre entre partisans), les Panthers n’ont pas témoigné d’un manque criant d’intimité, de confort de vie, d’individualité. C’était comme ça, et ils y ont puisé la force de tenir en s’entraidant beaucoup.

Dans le documentaire « Black Panthers : Vanguard of the Revolution » de Stanley Nelson Junior, Jamal Joseph et Blaire Anderson (anciens membres) détaillent l’organisation au plus fort de l’activité du parti (et de la répression).

« Parfois une dizaine de militants vivaient dans un trois pièces en se partageant les chambres. Le salon aussi servait de chambre. On appelait ça les piaules des Panthers. L’un de nous  se chargeait de la sécurité, un autre se chargeait du ménage. On effectuait les différentes tâches à tour de rôle. Il y avait un vrai esprit de communauté. »

Dans le même documentaire, Mohamad Mubarak rajoute :

« Les Panthers avaient compris qu’ils devaient vivre ensemble pour éviter la répression, mais aussi qu’ils devaient être dévoués à la cause, 24h/24. Quand les capitaines et lieutenants nous donnaient un ordre, on l’exécutait car c’était ça l’esprit. »

Les partisans vivant sous le même toit ou des maisons toutes proches se faisaient confiance (car organisés et ayant appris à se connaître et se respecter) pour répondre au téléphone, traiter les courriers des autres, préparer les repas pour l’ensemble, pour que leur chez-eux serve d’espace de stockage (y compris d’armes et de munitions). Cette organisation du travail et du quotidien leur permettait de libérer du temps tantôt à ceux qui devaient se former (en étudiant ou en faisant des actions de solidarité dans les rues par exemple), tantôt aux plus expérimentés pour penser la stratégie. Ils arrivaient à se délivrer de la disponibilité pour faire du sport ensemble, des sorties, des entraînements aux cérémonies.

Leur préparation, qui s’améliorait par la pratique, leur donnait l’ascendant sur d’autres groupes (d’auto-défense ou non) et leur ascension en a été fulgurante. Le parti formait sans besoin de grand chose des jeunes femmes et jeunes hommes vite et bien, à savoir lire et écrire, à savoir cuisiner, coudre, se débrouiller avec de la récupération, à être solidaire avec leur communauté, à connaître la lutte des classes et la théorie révolutionnaire maoïste, à marcher en ordre, à se servir d’un fusil, à parler à la foule. L’organisation n’était pas exempt de défauts, loin de là, mais au moins les différents collectifs du BPP disposaient facilement de gens solides (qui ne désertaient que peu face aux difficultés ou aux plaisirs de la vie) servant de relais à la diffusion de la doctrine, ce qui leur a permis une croissance très rapide (même trop rapide, avec une inflation d’objectifs et de profils peu conciliables, voir les postulats et règles pour transformer une société).

Ces expériences de vie commune ont d’ailleurs servi de terreau aux programmes communautaires du BPP, qui prenaient place localement dans toute la ville. S’y connaissant, il ne leur était pas difficile d’offrir de nombreux services gratuits : distribution de nourriture dont le petit-déjeuner pour les enfants, distribution de vêtements, cours d’économie, de politique et d’autodéfense, soins en cliniques, etc. Ce seront ces actions leur apportant une forte notoriété qui exciteront les autorités et le FBI, qui détruiront le parti via le programme de répression COINTELPRO (Counter INTELligence PROgram).


3. Retrouver la priorité de faire collectif


Le mouvement des Black Panthers est un exemple que nos organisations contestataires n’arrivent pas à atteindre ou à maintenir en terme de puissance matérielle, de combativité, de discipline, de potentiel. Leurs résultats nous montrent que bien loin d’isoler les personnes et de les assujettir mentalement, les Panthers politisaient efficacement leurs sympathisants, les rendait plus lucides à leurs conditions matérielles d’existence et à celle de leur communauté, plus lucides sur les rapports de force entre classes sociales, entre noirs et blancs, entre différents groupes aux objectifs rivaux. Ils étaient de fait plus ouverts (ils s’adaptaient au public et allait le chercher, en université par exemple), plus prêts à subir différentes crises notamment économiques (car connaissaient déjà la débrouille collective face à la précarité), plus parés à naviguer facilement dans les mouvements sociaux que les militants modernes pour la justice sociale dont trop sont enfermés dans l’économie de soi. Il n’apparaîtrait à personne de raisonnable de qualifier le BPP de l’époque de secte ou faisant preuve de dérives sectaires, quand bien même il embrigadait malgré lui plus de partisans fanatiques que nos collectifs actuels.

Si certes le contexte a changé (voir le chapitre 1, il nous faut plus qu’avant faire s’engager des personnes sur la base du volontariat) et que l’acceptable s’est décalé, il nous est encore permis de retrouver une culture révolutionnaire anti-tech du collectif et du dévouement, en remettant à jour et en diffusant des valeurs qui nous paraissent indispensables à la victoire (en bâtissant d’abord un noyau soudé de partisans se faisant confiance).
Vivre ensemble nous permet une politisation rapide, nous permet de nous connaître mieux que quiconque (en situations tendue), faire face vite à la répression (de l’État, de groupes ennemis ou rivaux, en physique comme sur les réseaux sociaux), de se motiver à se former sur le terrain même quand c’est intimidant, à consentir à ce qu’on nous sorte de notre zone de confort pour s’entraîner physiquement plusieurs fois par semaine, à ne pas déprimer seul chez soit ou face à l’influence d’un entourage qui peut être culpabilisateur, etc. Ce modèle de colocation certes exigeant n’est pas une fin en soi mais un moyen temporaire, ce qui empêche une dérive de contrôle et ouvre la perspective que ceux formés en équipe s’exportent (jusqu’à d’autres capitales à l’international) pour toucher d’autres potentiels.

Le partage de ses propres ressources au centre du groupe (revenus, épargne, matériel et véhicules, maison, ferme, hangar, etc), normal chez les anarchistes du XXième siècle, doit être considéré comme une opportunité de moins être soumis au système marchand capitaliste et à ses aléas qui ne vont qu’augmenter en nombre (exemple : la fin annoncée de l’accessibilité au revenu de solidarité active), au profit de nouvelles dépendances plus profitables. D’une entraide entre camarades peut résulter plus tard une stratégie économique alternative, ainsi qu’une stratégie logistique qui ferait pays dans le pays.

Une autre stratégie qui nous intéresserait, plus récente mais moins ambitieuse que celle du BPP, et présente notamment en France est celle de l’occupation. L’occupation de zones à défendre (ZAD) ou de squats. Il est à souligner les instants uniques de cohésion que procurent les démarrages d’occupation, face au danger, face aux contraintes (faire avec peu). Ces instants laissent place parfois à des moments, qui peuvent être longs, d’une nouvelle vie à inventer, pour beaucoup dans des conditions qu’ils n’ont jamais vécu : pauvreté matérielle et donc solidarité, nécessité de conciliation avec des positions politiques distinctes, avec des personnalités fortes, etc. L’expérience de la ZAD de Notre Dame des Landes est parlant. Plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées un temps dans une contre-société, manifestement isolés des institutions de l’État français (administration, droit, police, services publics, etc), dont pas mal en désertion de leurs études supérieures ou de leurs bullshit jobs, tournés en dérision par les médias et au départ au moins par une majorité des citoyens. Il n’apparaîtrait pourtant qu’à ceux qui défendent mordicus le bon ordre public du système technologique, en premier lieu la MIVILUDES, de traiter cette expérience riche comme une grave dérive sectaire.

Rappelons que toute ZAD ne doit cependant être envisagée qu’au maximum comme une tactique temporaire pour faire connaître la critique de l’industrie et commencer à rassembler un camp de défenseurs de la nature contre l’écologie technocrate, qui visera à stopper l’alimentation des infrastructures clés de l’industrie puis à les démanteler. Notre mouvement n’encourage pas à des actions sortant du cadre de la loi même si nous commentons celles existantes, de fait, en périphérie.

Face à la technologie toujours plus individualisante - scrolling, l’IA qui peut couvrir la majorité des besoins quotidiens de l’humain moderne – face à la société de contrôle qui se dessine (Chat control, VSA), et pour répondre de manière réactive aux crises qui vont advenir (économiques, sociales, écologiques), se réunir au plus proche, au moins dans une première phase, pourrait devenir le meilleur avantage des révolutionnaires.

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Footnote [1] — Définition de la Commission nationale consultative des droits de l’homme en 1993

Footnote [2] — https://www.interieur.gouv.fr/actualites/grands-dossiers/letat-mobilise-contre-derives-sectaires/quest-ce-quune-derive-sectaire

Footnote [3] — https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/anti-tech-resistance-pourquoi-ce-sulfureux-mouvement-decologie-radicale-ne-a-rennes-se-trouve-sous-surveillance-1457cfcc-b9a6-11f0-a456-5b350733c580

Footnote [4] — Aurélien Berlan, Terre et liberté, la quête d’autonomie contre le fantasme de délivrance, La Lenteur, 2021.

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