Dernièrement, Google a publié le modèle virtuel du cerveau d'une mouche à fruits. L'engouement médiatique qui s'en est suivi est une belle occasion pour rappeler les risques que les biotechnologies font courir, non seulement pour les libertés humaines, mais aussi pour l'existence même de notre espèce.
Quand les scientifiques s'amusent
Ce 3 septembre 2026, Google a publié la carte virtuelle la plus détaillée des neurones d’une mouche à fruits (également appelée drosophile). Les scientifiques ont modélisé le corps de cette mouche puis y ont ajouté un modèle d’intelligence artificielle entraîné sur de vrais comportements de mouche[1]. Depuis, des geeks, gamers et autres chercheurs plus « sérieux » lancent cette modélisation dans toutes sortes d’expériences : jouer à Doom, Mario Kart, Minecraft[2]… Elle serait même capable de piloter des drones[3].
Selon Google Research, ces recherches sur les insectes ne sont qu’une étape. L’objectif est de comprendre plus précisément le cerveau humain. Viren Jain, directeur scientifique du projet, explique :
« Ce qui me rend enthousiaste, c’est qu’un jour, nous comprendrons précisément comment se forment les souvenirs, comment reconnaître les troubles ou les maladies mentales... Mais pour y parvenir, nous devons mettre en place ce cycle technologique qui, vous le savez, était encore un peu inimaginable il y a quelques décennies[4]. »
Comme cartographier les 86 milliards de neurones dans le cerveau humain n’est pas encore possible — car cela nécessite le traitement d’une quantité astronomique de données —, les scientifiques commencent avec de plus petits organismes :

Dans le domaine neurologique, une autre étude attire l’attention ce mois-ci : « Une équipe américaine est parvenue à coloniser l’encéphale de rongeurs dépourvus de cortex avec des organoïdes humains[5]. » Cette équipe a créé des souris génétiquement modifiées pour qu'il leur manque une grande partie de leur cerveau. De cette manière, les organoïdes de cerveaux humains ont pu se développer pour atteindre plus de 90 % du cerveau de la souris.
Une chimère humain-animal (un organisme composé de cellules issues à la fois d’un humain et d’un animal) ? En réalité, c’est depuis le siècle passé que des biologistes tentent de transgresser les limites inter-espèces. Mais en 2017 un cap est franchi avec la (pro-)création d’embryons hybrides homme-animal de porc comportant un contingent de cellules humaines[6]. En 2022, des médecins transplantent même un cœur de porc à un humain[7].
Derrière les biotechs, des projets de domination transhumanistes
Les découvertes dans le domaine des bio-technologies sont souvent médiatisées au grand public comme de simples avancées pour la médecine de pointe ou même d’amusants gadgets avec lesquels les consommateurs pourront bientôt jouer[8]. Mais il ne s'agit là que d'une portion infime de ce qu'il se passe dans les laboratoires. Derrière cette petite fenêtre à travers laquelle le public est parfois autorisé à jeter l'œil, les géants de la tech développent les moyens technologiques nécessaires à leur projet transhumaniste. Le transhumanisme consiste à augmenter les capacités physiques et mentales des humains, en développant et en faisant converger les nanotechnologies, les biotechnologies, les technologies de l’information et et les sciences cognitives (aussi appelé NBIC). À terme ses pionniers viseraient même la suppression du vieillissement et de la mort.
« Le transhumanisme est une pensée libertarienne qui prône l’usage dérégulé de la technologie [la rationalisation scientifique de la technique] pour outrepasser les limites de la condition humaine : abolir les frontières de la vie terrestre, étendre indéfiniment des capacités corporelles et intellectuelles par la fusion de l’humain et de la machine "intelligente", accéder à l’immortalité[9]. » - Jacques Luzi
Repartons de cette fameuse modélisation du cerveau d’une mouche à fruits. Ces recherches sont lancées par Google, l’une des plus puissantes entreprises technologiques du monde[10]. Depuis sa fondation en 1998, Google a créé un empire informatique, volant et accumulant des quantités inimaginables de données sur ses utilisateurs. Aujourd’hui ses fondateurs, Larry Page et Sergey Brin, sont les deuxième et troisième hommes les plus riches du monde[11]. Adeptes du courant transhumaniste, ils investissent des sommes colossales dans son développement, notamment via l’entreprise Calico, destinée à lutter contre le vieillissement et les maladies associées[12]. L’ingénieur en chef de Google, Raymond Kurzweil, est parfois présenté comme le « pape » du transhumanisme. Rien que ça. Kurzweil a consacré des livres entiers à sa phobie de la mort. Adepte de la cryogénisation, il tente notamment de ressusciter son père à travers l’intelligence artificielle[13].
On peut dire sans trop exagérer qu’aujourd’hui, une poignée de géants de la tech mettent au point une transformation complète des êtres vivants, agrandissant leur pouvoir jusqu’à contrôler la biologie même de nos corps. Au vu de leurs ambitions, ne devrions-nous pas purement et simplement arrêter la recherche ?
Survivre ou vivre ? Ne plus céder au chantage des puissants
Les scientifiques franchissent toutes les barrières morales en triturant ainsi la vie. Mais dès que des voix osent proposer ne serait-ce qu’une pause afin d’examiner les implications éthiques de leurs projets, les entreprises ont leurs raisons. Ici, un exemple plutôt frappant : Sergiu Pasca, auteur principal de l’étude qui expérimente sur ces souris aux cerveaux en partie humains, invoque le « prix éthique » d’abandonner de tels projets :
« Pașca souligne également le prix éthique que représenterait le fait de renoncer à développer de meilleurs modèles pour les maladies neurologiques et psychiatriques. "Les troubles neurologiques et psychiatriques touchent presque une personne sur cinq, et pour bon nombre de ces pathologies, nous ne comprenons toujours pas suffisamment la biologie pour développer des traitements efficaces", a-t-il conclu. "Beaucoup de ces troubles incluent des cercles nerveux humains spécifiques qui ne peuvent pas être modélisés de manière adéquate dans des modèles animaux conventionnels ou dans des cellules isolées."[14] »
Pour sa survie en tant que telle, la population doit refuser un tel chantage. Ces entreprises développent une neurologie à même de « soigner » toute déviance, des programmes informatiques capables de traiter les données personnelles de 8 milliards d’humains, des prothèses robotiques pour « augmenter » les armées et les travailleurs… Leur objectif n'est autre que le contrôle total de toute vie.
Chacune de leurs attaques à la liberté sera justifiée par une bonne raison : soigner les malades, arrêter les criminels, protéger les enfants, remédier à la faim dans le monde… Pour chaque marche sur l’escalier du « progrès », la situation est présentée de telle manière qu’un esprit rationnel ne verra que les « bons côtés de la technologie » et ne s’y opposera pas. Ainsi, chaque jour les humains laissent leur propre prison technologique se renfermer un peu plus sur eux sans broncher.
Pourtant, à travers le monde et les époques, des peuples se révoltent contre leur « développement », leur industrialisation forcée. Héritière de leur courage, contre l’abattement généralisé, Anti-Tech Revolution invite chaque humain encore épris de liberté à consacrer avec nous le reste de son temps au développement d’une organisation révolutionnaire, dont l’objectif unique sera l’arrêt complet du système techno-industriel.




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