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Technocène

La nature sauvage est transformée en « slop »

Par
Z
•
27
September
2026
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Ces derniers mois, l’usage du mot « slop » s’est progressivement répandu pour désigner des produits bon marché et sans substance (souvent générés par l’IA), comparables à des vêtements bas de gamme ou à de la malbouffe sans la moindre valeur nutritive. Faciles à consommer, faciles à oublier.

En regardant ce problème de plus près, on s’aperçoit que cette « slopification » remonte en réalité aux débuts mêmes du système technologique. C’est un trait qui lui est inhérent.

Le début de la première révolution industrielle était centré sur le textile. Le métier à tisser mécanique a considérablement augmenté la quantité de vêtements qu’un seul atelier pouvait produire. Mais ces vêtements étaient réputés pour leur mauvaise qualité et devenaient rapidement de simples déchets. Aujourd’hui, les vêtements sont produits à une échelle encore plus grande, sans que le temps de travail ne diminue, et ils sont jetés de plus en plus vite. En 2024, 120 millions de tonnes de textiles ont été jetées, et ce chiffre pourrait grimper à 150 millions d’ici 2030.

Puis vint la deuxième révolution industrielle. Elle permit de construire des bâtiments plus hauts et plus rapidement. L’expansion urbaine s’intensifia, tandis que la nature sauvage était détruite pour faire place à l’industrie. Mais ces nouveaux bâtiments se révélèrent souvent être des constructions bon marché et standardisées, à la durée de vie étonnamment courte. La plupart ne devraient tenir qu’environ 71 ans. Loin des édifices bâtis il y a des siècles et toujours debout aujourd’hui.

Aujourd’hui, le dernier terrain où s’étend la « slopification » est celui des médias que nous consommons. À mesure que le système technologique devient toujours plus envahissant et difficile à supporter, le divertissement occupe une place de plus en plus centrale dans nos vies. Mais les algorithmes des réseaux sociaux ont fini par manquer de nouveaux contenus capables de maintenir cette distraction permanente. Désormais, avec l’IA, seule la puissance de calcul limite la production de contenus. Une simple régurgitation sans âme de contenus déjà existants.

À la lumière de ces exemples, on peut se demander ce qui a provoqué cette spirale descendante. La réponse se trouve dans la théorie des systèmes auto-propagateurs (SAP). Il s’agit de gouvernements ou d’entreprises dont l’objectif est de survivre et de s’étendre.

Dans un contexte de concurrence permanente, ces SAP cherchent sans cesse des moyens plus efficaces d’acquérir du pouvoir. Dans notre cas, cela passe par la production de toujours plus de biens à des prix toujours plus compétitifs. Mais cette compétition ne s’est pas contentée de rendre les choses moins chères. Cela a conduit à la destruction de notre planète. Des forêts rasées, des montagnes nivelées, l’air pollué et les rivières contaminées.

Les impératifs du système technologique sont en contradiction avec le réel. Il exige une croissance continue, une extraction accrue, une production toujours plus importante et une consommation en hausse constante. Mais cela est impossible dans un monde aux ressources finies, dont nous dépendons pourtant pour survivre. Certes, nous avons davantage en termes quantitatifs. Mais nous avons beaucoup moins sur le plan qualitatif.

La situation est claire : laisser se poursuivre la destruction de la nature sauvage et de notre avenir, pour quelques babioles de plus. Ou bien mettre fin au système technologique et, ce faisant, substituer à un confort illusoire une vie pleine de sens, en lien avec la nature qui nous entoure.

Le système DÉTRUIT la nature. Si la nature disparaît, nous périrons avec elle.‍

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