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Stratégie révolutionnaire

StreetPress, Fracas, Régnauld et le confusionnisme technoprogressiste

Par
ATR
•
07
November
2026
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Parce que notre écologie n'est effectivement pas la leur, merci à Fracas et StreetPress d’avoir enfin dissipé la confusion. En effet, loin des militants antifascistes du 20ème siècle qui luttaient physiquement contre des États entiers et en tirèrent de brillantes analyses technocritiques (comme George Orwell ou Simone Weil qui combattirent arment à la main contre le fascisme espagnol), l’antifascisme « instagramable »  du 21ème siècle (dont Fracas/StreetPress ne sont qu’une bruyante mais peu brillante émanation) ressemble plutôt à une énorme opération de désarmement politique par les classes moyennes d’encadrement, on tente de vous résumer ça ci-suit !

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Depuis quelques jours, prouvant leur désintérêt pour le mouvement social en cours, le zombie Fracas et son nécromancien StreetPress reviennent avec une nouvelle polémique montée de toutes pièces pour un buzz facile contre les anti-tech. C’est qu’en effet, pour cette tentative de relance par StreetPress (grace au pognon qu’ils touchent de l’État et des fondations privées) du média mourant Fracas, précédemment dédié à combattre l’extrême droite en vendant des journaux à 17€50 (à ce prix la, on sent bien que ça n’est pas le peuple qui les achète, et on ne s’étonne pas non plus que le projet Fracas soit mort dans l’œuf après quelques « enquêtes » malhonnêtes contre des écologistes radicaux, comme ATR), il fallait bien inventer de quoi justifier les liens entre leurs combats écologistes et ceux contre l’extrême droite.

A première vue ça ne semble pourtant pas sorcier : l’industrialisation et la destruction de la nature sont les prérequis à l’instauration d’un état fasciste. Mais les rédacteurs, sûrement attachés à leur confort de vie technologique d’encadrants occidentaux, ont préféré répandre l’idée qu’il faudrait se tenir à l’écart des anti-tech avec, ne trouvant rien de mieux, comme accusation principale le “confusionnisme”. Ceci alors que les désaccords entre d’un côté les anti-tech - qui défendent l’autonomie contre le système techno-industriel- et les médias écologistes - qui se contenteront d’une réforme de l’industrie - sont bien connus et que nous ne cessons de les répéter.

Anti-Tech Revolution existe car l’État, de gauche ou de droite, n’est pas en mesure de stopper le système techno-industriel. Nous défendons donc l’organisation par la base pour le démanteler, pas le réformer ni le fuir.  

Depuis sa création ATR adopte une critique systémique et matérialiste de la technologie et de l’industrie (et donc de la partie high-tech de la médecine moderne), pas une posture morale comme tant d’organisations gauchistes qui elles additionnent les qualificatifs idéologiques (anti-raciste, féministe, anti-spéciste, anti-fasciste…) pour mieux masquer l'absence de résultats pratiques dans le monde matériel.

ATR ne vend pas non plus de promesses hors-sol comme celle d’une planification, d’une bifurcation, de l’autogestion d’une industrie verte… Les hautes technologies forment un système qui recouvre la planète, composé d’infrastructures. Il est urgent pour la nature et la liberté de les stopper, et pour ce faire, la meilleure chance des résistants est de provoquer un échec en cascade mondial.

Les journalistes de StreetPress feignent de ne pas le comprendre, pour pouvoir accuser les défenseurs de la nature de dangereux “confusionnistes” en utilisant l’argument phare du système: la dépendance de la plupart des humains à ce système pour se nourrir, se vêtir, se chauffer, se soigner. Quiconque le remettrait en question serait donc confus! Mais quelle est alors la prochaine étape de leur raisonnement ? Bientôt ces médias livreront les anti-tech à l’hôpital psychiatrique pour “désir de dignité” ?

Les recommandations du média pour lutter en disent long sur leurs privilèges, et sur les intérêts économiques qui traversent leur structure. Résumons-les ici : StreetPress se présente comme « un média indépendant, financé par ses lecteurs », mais dans son dernier rapport d’impact annuel (2024), on lit que les dons des lecteurs ne représentent en fait que 36% de ses revenus. StreetPress bénéficie surtout de subventions issues du ministère de la culture, de la commission européenne et de fondations privées. Logiquement, vues ses dépendance aux technocrates et aux riches, on a donc affaire à un média de gauche classique, qui ne cherche pas une réelle révolution, mais surtout à digérer les révoltes populaires pour mieux les intégrer à l’État et à l’économie industrielle dont son existence de média gauchiste dépend.

Et preuve ici même en l’occurrence : pour son enquête contre les anti-tech, « Street » Press à préféré donner la parole à un représentant des institutions hautement technocratiques que sont Orange ou l’INSA, plutôt qu’à la rue, puisque dans toute leur enquête leur seul interviewé est Irénée Régnauld, qui est alors aussi le seul présenté comme proposant une solution valable. Et quelle solution : « Si tu veux combattre l’IA, il faut combattre la capitalisation. Et socialiser la Banque publique d’investissement, y faire entrer syndicalistes et soignants avec un droit de veto sur les start-ups financées. Voilà, ça peut sembler ambitieux… mais c’est plus concret que « lutter contre les écrans » (rires). »

Mais alors qui est ce Irénée Régnauld ? On en apprend un peu plus ici.
« Ancien de chez Orange, doctorant a l’INSA : De 2011 à 2015, il est chef de produit chez Orange, puis consultant senior chez Cepheïd Consulting, un « cabinet conseil spécialisé dans les démarches d’innovation et de transformation numérique des modèles économiques des entreprises », de 2015 à 2017. Il rejoint ensuite Viatys, cabinet intégré au groupe Square Management, un groupe de conseil en stratégie, organisation et transformation, intervenant notamment auprès de grandes entreprises sur le numérique, l’innovation, la data et les nouveaux modèles d’affaires, où il reste jusqu’en avril 2025. »


La revue Terrestres publiait d’ailleurs récemment un démontage en règle de son baratin dans un texte intitulé « Qu’est-ce que la technocritique ? » 


Pour conclure, résumons donc l’actuel clivage que tente de crééer ce Régnauld (avec l'aide de StreetPress) dans la technocritique francophone :

D’un coté, un encadrant urbain, soutenu (et même promu) par StreetPress/Fracas, qui pense que l’industrie est auto-gérable (et cela jusqu’aux fusées, pour dire à quel point ce "doctorant" est hors sol), et qui veut se réapproprier la finance pour continuer a développer toujours plus d’IA mais cette fois avec le greenwashing « éthique » dessus.

Et de l’autre coté, des anti-tech, qui disent que l’infrastructure technologique est le moteur du capitalisme, qu’elle est a l’origine de l’injuste répartition économique dans la société qui engendre des classes sociales d’exploiteurs et d’exploitées, et que notre priorité doit être de la stopper et pas de la reformer.

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Bref, pour des représentant des classes moyennes d’encadrement, pseudo « antifa », comme Streetpress, cette polémique futile est peut être un débat abstrait qu’on peut s’amuser à mener tous les six mois pour buzzer à base de caricature faciles ; mais rappelons tout de même ici que pour énormément de personnes, de peuples (et même d'espèces et d'écosystèmes) dans le monde, c’est très concret : c’est des forets rasés, c’est des canicules climatiques, c’est le technnototalitarisme qui se renforce avec l’IA, c’est l’exploitation des enfants dans les mines, des usines Foxcon, ou encore l’aliénation technologique généralisée sur les smartphones, c’est les maladies de civilisation et la pollution.

Alors face à ces escrocs, il serait temps que nous tous, qui luttons sur le terrain pour un monde meilleur, ne soyons plus dupes : le système technologique mondialisé nécessaire à la production des hautes technologies modernes n’est pas contrôlable par la population, et ne le sera jamais.

Il est par essence opposé a la démocratie directe, locale, à laquelle nous aspirons, et si une voie pour l’émancipation doit exister de nos jours, elle passera par une autonomisation populaire depuis la base contre ces infrastructures technologiques.

C’est donc ici que réside le véritable confusionnisme, celui diffusé par StreetPress & compagnie : c’est de chercher à caricaturer puis encadrer la colère populaire contre les industriels, afin de la réduire en une minable volonté de « mieux repartir le travail dans l’industrie », de « mieux être intégré » dans cette infrastructure technologique inhumaine.

Contre la confusion réformiste que ces rapaces diffusent sans cesse dans le vide numérique, il s'agit maintenant de renouer par la rue et la lutte de terrain (notamment contre le développement de l’IA et l’imposition des Data Centers partout dans le monde) avec des perspectives technocritiques véritablement révolutionnaires.

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