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Technocène

Leur "progrès" contre notre liberté ? (débunker la Paduteam)

Par
T.
10
September
2026
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Dernièrement, alertés par une nouvelle vague de diffamation virtuelle contre la technocritique, nous avons eu le malheur de devoir visionner de nouvelles vidéos de la Paduteam, ces ‘Hanouna’ des boucles algorithmiques marxistes (qui, eux, vont même jusqu’à tenter de réhabiliter la ligne politique du dictateur industrialiste Staline) contre lesquels nous avions déjà alerté nos lecteurs en janvier. Mis à part de sérieux mots de tête (le format ‘stream’ n’étant vraiment pas idéal pour le développement d’une pensée politique construite sainement) et une certaine inquiétude pour l’avenir de la planète (en voyant une pensée anti-écologique comme la leur devenir star chez les jeunesses ‘rebelles’ sur youtube), nous en retirons aussi d’importantes conclusions pour la bataille culturelle qui se joue actuellement au sein même de l’écologie.

I – Le projet techno-progressiste se renforce en entretenant la confusion sur sa faisabilité ? Déjouons son rebranding rhétorique !

Derrière les argumentaires caricaturaux, c’est en fait une mutation de toute la rhétorique techno-progressiste (« pour le bien de l’humanité la technologie prévaut sur la nature ») qu’on peut lire en filigrane. Et contrairement aux politiciens de gauche ou ‘écologistes’, la Paduteam nous permet ici de le percevoir d’autant plus facilement qu’ils sont grossiers. Parce que quand les autres le glissent subtilement, eux l’assument salement : non seulement la nature et la liberté humaine (celle permise par l’autonomie locale et la démocratie directe) n’ont pas de place dans le techno-monde ‘inclusif’ qu’ils appellent de leurs vœux, mais, emboîtant les pas d’Engels, ils vont jusqu’à laisser entendre que la liberté serait un ennemi à abattre pour permettre le communisme industriel mondial, et jusqu’à affirmer ouvertement que la nature serait en fait par essence l’ennemi de certaines catégories humaines (la technocrate Zoé affirmant par exemple que «les femmes ont le rapport à la nature le plus dangereux, le plus violent […] c’est la technologie qui rééquilibre ça [...] la soumission à la nature c’est se soumettre aux hommes » à 36:30 ici).

Mais comme le reste de la gauche et des ‘écologistes’ d’Etat, la Paduteam semble avoir compris que pour défendre l’idéologie techno-progressiste, les vieux mots d’ordre du greenwashing gauchiste ne suffisent plus à berner la population. Elle applique alors le même rebranding mensonger d’un éco-marketing périmé… Finie la « neutralité de la technique », maintenant la« technique n’est pas neutre car elle est déterminée par sa production dans le capitalisme » (ce qui revient en fait tout de même à dire qu’elle est neutre puisque cette affirmation sous-entend que si elle était produite dans un autre système que le capitalisme elle ne poserait plus de problème). Finie aussi la« transition écologique », maintenant c’est la« planification écologique » qui doit nous sauver.

Oui, oui, planifier« d’auto-gérer » de manière écologique un système industriel hautement complexe fonctionnant en flux tendu d’un bout à l’autre de la planète. Système dont le poids dépasse maintenant celui de toute la biomasse terrestre,s’il fallait ne serait-ce qu’un exemple pour faire aisément comprendre l’impossibilité d’une telle ‘autogestion’*.

Mais pour les gauchistes, pas besoin de renoncer aux data-centers, à l’IA ou aux fusées, il suffira d’un planificateur intelligent et 'autogestionnaire' (Staline pour la Paduteam, Trostky pour Révolution Permanente, ou encore Mélenchon pour LFI) pour que l’éco-magie opère.

Et pour vous ?

Vous ne comprenez toujours pas comment planifier d’auto-gérer à 8 milliards de manière écologique une production industrielle intrinsèquement extractiviste et polluante ?

C'est normal, ce qu’ils proposent est rationnellement impossible, il faut juste être un fanatique illuminé ou un membre de la classe technocrate (intéressé alors par le maintient de sa position sociale avantageuse au sein du système technologique) pour préconiser sérieusement une telle solution.

Pour notre part, nous dénoncions déjà cette escroquerie dès la création d’ATR il y a trois ans, puis plus récemment lorsque LFI s’est fait le Cheval de Troie (faussement écologique) de cette folie de 'planification'.

II – Face au recyclage de la moraline gauchiste, dénonçons la haine de la vie sauvage et de l’humanité non-industrielle !

Pire encore que ce seul culte irrationnel de la technologie verte (repeinte aux couleurs de l’écologie, c’est important pour leur marketing renouvelable), pour ces fanatiques, tout individu ne partageant pas leur irréalisable fantasme ne serait alors 'qu‘oppresseur’ hostile à l’humanité, aux femmes, aux personnes trans, aux habitants des pays ‘non-développés’ (en vérité les peuples qui ont échappé et souvent résisté contre la colonisation industrielle)... Cette vision manichéenne de la réalité (gauchiste) découle directement de l’idéologie techno-progressiste (qu’elle épouse d’ailleurs parfaitement), le postulat que toute vie hors de l'industrie serait une vie méprisable et pleine de souffrances, que la nature serait mauvaise par essence et que seule l'industrie pourrait nous en protéger. L’idée folle qu'il vaudrait mieux grandir dans une jungle de béton, d’écrans et de fichage que dans une jungle d'arbres, de rivières et de montagnes.

Et c’est ici le point crucial à retenir. Derrière le brouillage d’accusations aussi fausses que diffamatoires en sexisme, transphobie, validisme, ou même nazisme** que les progressistes collent à tout va sur les anti-tech, se cache le vrai clivage: la Paduteam, comme l'ensemble des gauchistes (sur)socialisés en milieu industriel, a peur de la vie sauvage. Alors, à la place, ils rêvent une vie d’immeubles, de smartphones, de mégapoles, de matricules et de travail à la chaîne.

Et ils prétendent ensuite que leur désir personnel, gauchiste, de se dissoudre dans la masse industrielle et les chaînes de production automatisées, serait en fait celui de toute l'humanité.

Contre cette affirmation, nous pensons qu'une conception aussi inhumaine de la vie ne peut être le fruit que de quelques encadrants urbains comme eux.

Que si on regarde l'Histoire, partout l'humanité a résisté contre cette velléité progressiste a vouloir conquérir, planifier, "civiliser" les barbares, les sauvages, les ‘reacs’, les ‘beaufs’ Gilets Jaunes.


III – Pour quel ‘progrès’ nous battons-nous ? Conclure en remontant au cœur du clivage contre les techno-progressistes

Du paysan libre Makhno qui repoussait les brutes dictatoriales de l'URSS à l’autochtone colombienne Ati Quigua qui declarait « Nous nous battons pour ne pas avoir de routes et d'électricité - cette forme d'auto-destruction qui est appelée‘développement’ c'est précisément ce que nous essayons d'éviter », nous sommes contre leur progrès, parce que leur progrès se fait au détriment de la liberté humaine, qu'ils détruisent en remplaçant l'autonomie locale par la dépendance à des états et industries hyper-centralisés (voir sur ce sujet la définition de la « liberté autonomie » par le philosophe Aurélien Berlan).

Et nous sommes contre leur progrès, parce que leur progrès se fait au détriment de la nature, qu'ils détruisent et remplacent par du béton, des monocultures, des fermes usines, et des data-centers (qu’ils soient ‘autogérés’ ou non).

Pour nous, anti-tech, la vie bonne çe n'est pas la vie parfaite, la vie éternelle, sans peur ni souffrance. La vie bonne, c'est la vie où chaque communauté humaine local contrôle directement ses conditions d'existence et les techniques qu'elle emploie (nous pensons ici aux techniques 'démocratiques' de Lewis Mumford) pour cohabiter avec une nature vivante.Pas à plus 5°C ou polluée par une mine. Et cela, qu'on soit homme, femme, trans, blanc, ou noir, ou malade chronique, on peut le comprendre et le souhaiter sans vouloir opprimer qui que ce soit, mais juste en refusant d’être intégré à la mégamachine et en voulant (pour soi, ses enfants, sa communauté, les humains à venir, ou même le reste du vivant) la possibilité d'habiter librement la nature dans une cabane en forêt ou un village de pêcheurs; plutôt que le clapier en béton d'une société industrielle de masse hyper-connectée et planifiée.

Comme Zapata avant nous, le héro populaire et révolutionnaire mexicain, pourtant lui aussi en son temps qualifié de « réactionnaire », nous sommes anti-tech parce que nous voulons la « terre et la liberté ».

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*(cela sans même entrer dans un questionnement plus profond sur le fait que la ‘planification’ et ‘l’autogestion’ renvoient à des dynamiques fondamentalement contradictoires quand on parle de 8 milliards de personnes ‘auto-gestionnaires’)

**(notons tout de même ici la gravité d’une pratique fréquente chez les homo numericus consistant à dépolitiser ces mots au point d'en faire des blagues sur internet sans jamais fonder sérieusement, historiquement, les accusations. Des accusations volontairement laissées vagues « pour la blague », qu'on pourrait alors leur retourner en rappelant que les femmes dans le monde n'ont jamais été autant exploitées que depuis la révolution industrielle et la colonisation globale qu'elle a permis, de même que tous les peuples autochtones exterminés, toutes les espèces animales disparues, toutes les personnes trans qui rêvent de rompre avec l’état et l'industrie plutôt que de devoir s'y intégrer, ou encore tous les malades de civilisation dont le nombre a explosé à cause de l'industrie… cela pour ne citer que quelques exemples.)

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